Le mot du Président, Trait d'union, automne 2009

Cher parents,

Les années ont passé mais votre président a toujours quelques difficultés pour trouver l’inspiration face à son devoir trimestriel, comme lors de ses rédactions en secondaire. Heureusement, au sein de l’association de parents, notre rédactrice en chef vient à sa rescousse. Elle m’envoie une caricature dont elle vient d’obtenir les droits de publications pour le Trait-d’Union.
Françoise Dolto, Karl Rogers et tant d'autres à leur manière, comme ici Emmanuel Chaunu, oeuvrent pour une meilleure communication interpersonnelle.
De multiples formations et séminaires proposent à tout un chacun de revoir et/ou d'améliorer ses qualités dans ce domaine. Curieusement, cette branche est absente du cursus scolaire de nos enfants...
Comme l'école est un lieu privilégié d'investigations, on m'a dernièrement raconté une expérience de chercheurs en psychologie outre atlantique. Dans une école donc, on teste tous les enfants pour évaluer leurs capacités. Les résultats des tests ne sont évidemment pas transmis aux enseignants. Par contre on procède à un tirage au sort pour déterminer dans chaque classe deux enfants brillants et deux autres faibles. A l'enseignant on dit : « Ils sont capables ces enfants, mais il y en a deux, qui sortent vraiment du lot, ceux-là iront loin » et « Par contre ces deux-là sont plus faibles, il leur faudra de l'aide ».
A la fin de l'année scolaire, ceux que le sort avait désignés comme « forts » sont généralement parmi les meilleurs de classe. Et ceux qui avaient été déclarés faibles étaient généralement à la traîne !...

En parcourant un article synthétisant les résultats d’expériences multiples effectuées après la publication en 1968 de cet effet dans le livre « Pygmalion à l’école », j’ai extrait ces phrases « On a montré qu’il est inapproprié de considérer que les attentes des enseignants déterminent fortement la réussite ou l’échec des élèves. Néanmoins, ils montrent que ces attentes peuvent avoir une influence significative sur la trajectoire scolaire des élèves. Une variation de 5 à 10 % dans la réussite d’un élève n’est pas si insignifiante que cela. »

Nous, parents, vis-à-vis de nos enfants...et de leurs professeurs...? Quel regard portons-nous sur l'enseignement aujourd'hui ? Et quelles actions sommes-nous prêts à mener pour collaborer à son évolution positive ?

Je vous souhaite une bonne lecture de ce Trait-d’Union.

Michel Henry de Generet
Président de l’AP.

Trouilloud D. et Sarrazin P. - Les connaissances actuelles sur l’effet Pygmalion : processus, poids et modulateurs, Revue Française de Pédagogie, n° 145, octobre-novembre-décembre 2003